La chro’Knight : Allaitement VS bib’

La semaine dernière je poussais mon coup de gueule autour des nouvelles tendances d’éducation du moment mises en avant sur les réseaux sociaux, articles de presse ou encore chaînes Youtube. Cela m’a motivée à réaliser une chronique autour d’un sujet par semaine pour débattre et surtout donner mon avis personnel sur celui-ci.

Certains d’entre vous m’on reproché de ne pas m’être renseignée sur le sujet, ou encore de ne pas avoir lu à propos des thèmes abordés. Je vous l’accorde, je ne suis absolument pas professionnelle de l’éducation positive, je souhaitais partager un ressenti sur ces nouvelles tendances émergentes du moment et l’impact qu’elles pouvaient avoir sur les parents ou futurs parents.

 

Aujourd’hui je vais vous parler de mon expérience personnelle autour de l’allaitement en vous racontant mon histoire.

Tout d’abord, je suis tombée enceinte à 22 ans, étant une enfant issue de l’adoption j’étais évidemment pleine d’espoir pour accueillir ce petit être. Sauf que lors de mon échographie des 22 semaines, le gynéco a suspecté une fente et m’a dit d’aller consulter un autre gynécologue spécialisé avec du meilleur maIMG_2849tériel pour pouvoir détecter le souci in utero. Après cette seconde consultation, on nous a annoncé une fente labiale peut être palatine sur notre bébé… Nous nous sommes alors renseignés auprès de professionnels et clairement nous avons dû faire une croix sur l’allaitement au sein. Mais pas que, car finalement le biberon aussi était un souci à cause de l’air qui passerait au niveau de la fente ou le lait qui pourrait remonter au niveau du palais. On nous a alors orientés vers des tétines spéciales, ergonomiques pour empêcher l’air de passer.

 

Or, à la naissance de Noa, la fente s’est avérée seulement labiale non palatine, mais aprèsIMG_2842 une grossesse hyper stressante avec échographie tous les mois, une amniocentèse pour vérifier qu’il n’y avait pas de soucis d’ordre génétique, notre jeunesse, notre premier enfant, nous étions complètement pommés. Nous avions pris en amont la décision de donner le biberon et finalement il n’y a même pas eu besoin de tétines ergonomiques car ses lèvres recouvraient parfaitement les biberons. Noa s’est fait opéré à 6 mois et en même temps j’étais déjà enceinte de Tao. On nous avait confirmé que cette anomalie était isolée donc nous étions hyper confiants qu’il ne lui arrive pas la même chose.

Or, à l’écho des 22 semaines, même problème, une fente labiale. Mais je savais que j’allaisIMG_2843 pouvoir allaiter car Noa n’avait eu aucun souci au niveau de la tenue de tétine. Ça c’était sans compter l’échographie des 32 semaines qui nous annonce que Tao est atteint d’une maladie cardiaque, la « tétralogie de Fallot », et qu’il va devoir se faire opérer dès ses premières semaines de vie. En parallèle, on le soupçonne d’être atteint du syndrome de Di Georges, alors on me demande de subir la 2ème amniocentèse de ma seconde grossesse pour me laisser le choix d’avorter ou non. Evidemment, vous imaginez bien qu’à 32 semaines de grossesse il est hors de question de penser à cela pour moi donc on m’a prévenue que j’accoucherais en unité Kangourou (unité de réanéonat où on scope votre bébé dès la sortie du bidou). Ayant appris cela, toujours aussi jeune, et sans toutes les infos dont nous disposons actuellement, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire concernant l’allaitement. Mais allant de stress en stress autour de cette grossesse, le jour de l’accouchement, Tao a été mis en couveuse car en plus il est né léger préma 4 semaines avant la DPA. Il a été directement branché et scopé dans une pièce à côté de ma chambre mais pas à coté de moi. Son problème cardiaque plus sa fente labiale c’était trop pour moi, j’ai décidé de lui donner le biberon car j’étais incapable de le mettre au sein de peur qu’il lui arrive quelque chose si je manquais de lait ou qu’il n’ait pas assez de force pour téter.

Vous imaginez donc bien que pour Neo ma grossesse 7 ans plus tard a été sous haute surveillance, et finalement surprise Neo n’a pas de fente, pas de malformation cardiaque, et nous sommes en 2017 et l’allaitement devient un sujet beaucoup plus en « vogue » qu’en 2010. Mon accouchement se passe bien, je le mets au sein, mais par contre je souffre énormément d’un truc dont personne ne m’a parlé (même pas aux cours de prépa à l’accouchement pour bébé 3) : les tranchées. Petite surprise post-partum qui sont ni plus ni moins des contractions de l’utérus irradiant dans les jambes qui durent plusieurs jours après l’accouchement (apparemment souvent à partir de la 3ème grossesse). Alors au début, avant la montée de lait, on les calme grâce aux médicaments, mais après les 48 premières heures c’est terminé car le médicament a un risque de passer dans le lait maternel. Ma volonté est telle que je m’accroche à cet allaitement, mais là apparaissent les premières crevasses, on me dit que mon bébé est mal positionné, sauf que personne n’est venu m’expliquer comment l’installer. Puis quand les crevasses étaient bien bien présentes, la pédiatre passe et me dit que c’est normal qu’il tête très fort à cause de son frein de langue. On le lui coupe en direct (très sympa ce moment là) soit juste avant ma sortie 4 jours plus tard… Je rentre avec mon bébé et ma sage femme à domicile me dit de tenir bon grâce à mille et un remèdes contre les crevasses. J’ai tenu 15 jours pour ne pas prendre de décision sous le coup du baby blues avant de passer à un allaitement mixte. Je suis consciente que la gestion de la douleur prise en charge dès le début aurait conduit à un allaitement plus long. Mais Neo n’a vraiment lâché le sein que 6 mois plus tard. J’ai donc pu lui mettre en place un allaitement mixte, qui n’a pas duré autant de temps que je l’aurais souhaité mais déjà en comparaison avec ce que j’ai vécu avec ses frères c’était une grande victoire pour moi.

Voilà pourquoi sur ce sujet je suis très réservée. Il y a effectivement un manque d’information autour de l’allaitement, mais selon moi aussi un manque de préparation à toutes les épreuves post-partum. De plus, quand on accouche d’un enfant malade, prématuré ou encore que l’accouchement ne se passe pas comme prévu tout notre « programme » peut être remis en cause.

C’est pourquoi j’observe actuellement sur les réseaux sociaux une tendance aux publications pro allaitement très soutenue. J’ai vu émerger et se multiplier de nombreux hashtags pour normaliser l’allaitement. Or, de par mon expérience, il faut avoir un enfant « normal » pour le normaliser, c’est à dire sans complications pour le bébé ou la maman. Mon ressenti est celui ci : les mamans pro allaitement me semblent moins tolérantes sur ce sujet que les mamans ayant donné le biberon, car souvent il est donné par défaut plutôt que par choix. Je suis consciente de la désinformation autour de l’allaitement maternel mais honnêtement en tant que maman d’enfants malades je suis bien contente que les réseaux sociaux et les post de ce type n’existaient pas en 2010 car je me serais sentie encore plus coupable, plus mal de ne pas allaiter. Car vous n’imaginez même pas la culpabilité de mettre au monde un enfant malade et en plus de ne pas l’allaiter. Même si chaque maman peut avoir milles et une raisons de ne pas allaiter (raisons professionnelles, personnelles, médicales, douleurs etc), cette répétition de post sur l’allaitement commence à être « pénible ». Sachez que chaque maman qui a voulu allaiter et qui n’a pas pu le faire se sentira coupable à travers l’insistance de vos post.

Alors oui les mamans pro allaitement vous avez raison de faire entendre les bienfaits de l’allaitement mais SVP nuancez les propos vis à vis de toutes ces mamans qui pensent avoir échoué dans leur rôle de mère à partir du moment où elles donnent un biberon.

Merci de votre attention.

Emily de family knight !


					

4 réponses sur « La chro’Knight : Allaitement VS bib’ »

  1. Ton vécu est très touchant.
    Pour ce qui est de l’encadrement des mamans pour l’allaitement, cela dépend des périodes, des lieux et des maternités. En Guyane, ils accompagnent beaucoup les mamans, avec des suivis en PMI. Je l’ai vécu du côté professionnel.
    J’ai eu des crevasses profondes et très douloureuses, car les gros bébés tirent fort. J’ai réussi à continuer, en mettant des caches et avec des soins.
    J’ai fait une bonne lymphangite aussi.
    En aillant eu 4 enfants à des époques différentes, j’ai fait mes recherches moi-même, en utilisant mon instinct et ma fibre maternelle. En plus quand tu en as déjà eu un enfant, les soignants pensent que l’allaitement est acquis, alors qu’il se déroule différemment selon l’enfant.
    Tout comme les enfants sont uniques

    J'aime

  2. Ton article est très touchant et montre à quel point le plus important c’est d’être conforme avec ce qu’on peut faire.
    J’avoue que je fais partie des personnes très imperméabled certains concepts que je juge pas faits pour moi.
    Je suis mère de trois enfants que j’ai allaité pendant 9 mois en moyenne. Je pense que dans le cadre de l’éducation et de la parentalité, il est très important de s’écouter et d’être en phase avec soi. Team fais ce qui te plaît 😍😍
    Bravo pour ton courage et ta forte personnalité miss 😘

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s